Être ou ne pas être… conjoint d’expat’ ?

 

conjoint d'expat

 

« Je n’existais pas. »

En arrivant en France, Nur a souffert d’un mal étrange.

On a tous nos petits soucis, mais « ne pas exister », quand même…
Normalement c’est un problème de fantôme, de licorne, bref, toutes ces choses qui n’existent pas.


Mais Nur est formelle. Et elle s’explique : « Tous les contrats étaient au nom de mon mari, le téléphone, l’appartement, tout.
Il n’y avait pas de preuve que j’habitais là. Je ne pouvais même pas créer mon compte bancaire ! C’était très aliénant d’être conjoint d’expat! »

Comme 57 millions de personnes dans le monde[1], Nur est expatriée, ou plutôt conjoints d’expatrié.
En janvier, elle a quitté Milan pour s’installer à Paris, avec son fils et son mari.
L’expatriation est certainement une aventure, avec ses joies et ses peines. Mais les peines sont inégales.
En effet, mieux vaut être celui qui part, que celui qui suit !

 

Conjoint d’expat’, c’est une bonne situation ça ?

Plus de 90% des conjoints d’expat’ sont des femmes. Elles acceptent de mettre leur carrière entre parenthèse
et pourtant, leur sacrifice passe le plus souvent inaperçu…

Les anglophones ont même inventé un terme dépréciatif pour elles : “trailing spouses” (épouses à la remorque).
Ainsi, après avoir fait des études de marché pendant 14 ans chez Ferrero puis chez Sonae Sierra,
Nur s’est retrouvée sans activité dans une ville étrangère.

« Je ne travaillais pas. Je suivais beaucoup mon enfant qui rentrait tôt de l’école car il n’arrivait pas
à communiquer avec les autres en français. J’étais dédiée à lui. En tant que femme, en terme d’identité, c’était un peu dur. »

Toutes les femmes d’expatriés témoignent de ce regard que la société porte sur elles… Mais elles font aussi face à la solitude.
C’est par exemple le cas de Caroline, qui est suédoise : après avoir travaillé dix ans pour une fédération patronale internationale,
elle s’est retrouvée, du jour au lendemain, maman à plein temps.

« Le plus difficile, pour moi c’est la langue. Je comprends le français,
mais quand je parle ou j’écris, je sonne comme les tout petits ! C’est difficile de trouver des amis. »

Nur abonde dans son sens : « Les expatriés ont un bureau, tous les jours ils rencontrent des gens…
Mais toi, en tant que conjoint, tu es toute seule. Tu échanges avec le boulanger, mais ça ne va pas bien loin. »

Des injustices qui s’accumulent

 

conjoint d'expat - vie multiculturelle

 

Pourtant, les conjoints d’expat’ sont tout sauf des plantes vertes !
Dans 72% des cas, ces personnes ont un bac + 4 et parlent trois langues[2].

Par ailleurs, la vie d’expatrié demande un caractère bien trempé : il ne faut pas avoir peur du risque ni de l’inconnu,
s
avoir gérer des situations d’incertitude et mener des démarches complexes…

 

De plus, les couples s’expatrient souvent plus d’une fois. Ainsi, Caroline est arrivée en France
après avoir vécu à Bruxelles et en Thaïlande.

Ce genre « d’expatriation en série » n’est pas rare ; à l’évidence, elle stimule la souplesse d’esprit
et la capacité à travailler dans des contextes multiculturels.

Pourtant, malgré leurs atouts, les conjoints d’expat’ ont encore bien du mal à se faire une place.
Parmi ceux qui veulent travailler, seule la moitié parvient à trouver un emploi.
Encore faut-il préciser qu’en général, cet emploi ne correspond pas au diplôme ni aux capacités du candidat…

 

Un accompagnement rare et inégal pour le conjoint d’expat

La question n’est plus tabou. De plus en plus d’entreprises proposent des accompagnement pour les conjoints d’expat,
essentiellement sous forme de coaching et d’information[3]. Dans 6% des cas, le conjoint trouve de l’aide auprès de l’entreprise
qui a proposé l’expatriation ; dans 14% des cas, auprès d’une autre structure (programmes payants, associations, service public, etc.).

Pourtant, là encore, les vieilles inégalités refont surface[4].
Quand le conjoint d’expat’ est un homme, il sera mieux pris en charge par l’entreprise de sa compagne ;
il bénéficiera plus souvent d’aides payantes.

Pourquoi une telle injustice ? D’abord à cause des stéréotypes inconscients.
Mais c’est aussi un effet pervers des politiques anti-discrimination,
dont le but était de favoriser les carrières des femmes à l’étranger
(et donc de calmer les réticences de monsieur, qui ne souhaite pas quitter son emploi sans garanties).

 

Absolutely French : pour une égalité dans l’expatriation !  

conjoint d'expatrié - réseau- rencontre

 

Fort de ces constats (et de son expérience personnelle), Armelle a créé Absolutely French,
un service qui prend en charge, pour les grandes entreprises, cette problématique du conjoint d’expat’ (Spouse Support).

Absolutely French, c’est d’abord une école où l’on apprend le français,
où l’on se familiarise avec la région parisienne, la culture et l’administration locale.

C’est aussi une communauté qui grandit, où l’on peut se faire des amis et mener des projets ensemble.
Mais la démarche ne serait pas complète si Absolutely French ne mettait pas tout en oeuvre
pour aider les conjoints d’expat’ à retrouver un emploi qui leur correspond !

 

Absolutely Talented?  Pour les conjoints d’expat!

Dans cette optique, Absolutely French organise l’événement « Absolutely Talented »,
le 17 novembre, de 8h30 à midi, à la Station F, dans l’espace « Mezzanine Amazonia »
.

 

Le but ?

Changer la représentation des conjoints d’expatrié dans la société et surtout prouver aux Talent Managers
que les talents internationaux qu’ils recherchent sont ici.

100 conjoints d’expat’ seront présents, ainsi qu’une quarantaine d’entreprises
avec leurs offres d’emploi pour trouver le bon « matching » des deux côtés !

 

Vous aimeriez en savoir plus ?

Si vous êtes conjoint d’expatrié et cherchez un travail en région parisienne, venez rencontrer les sociétés qui recrutent :

https://www.weezevent.com/absolutely-talented 

 

Si vous êtes une société recrutant des profils aux soft skills de demain
(adaptabilité, intelligence multiculturelle, multi-tâches, créativité), et parlant plusieurs langues, inscrivez-vous ici :

https://forms.gle/sYrQVYLhzHfubRkg9

 

On vous attend le 17 novembre à 8h30 pour faire bouger les choses ensemble !

 

 

Autres articles pouvant vous intéresser :

Se créer une vie professionnelle à Paris : continuer ou innover?

Le choc culturel pour le conjoint d’expatrié

 

 

[1] Capital, Durée, destination, motivation… Les chiffres clés de l’expatriation.

https://www.capital.fr/votre-carriere/duree-destination-motivation-les-chiffres-cle-de-lexpatriation-1281431

[2] Capital, Femmes d’expatriés, rebellez-vous !

https://www.capital.fr/votre-carriere/femmes-d-expatries-rebellez-vous-1164554

[3] 4 – Femmexpat.com, Conjoint expatrié : Un accompagnement rare et pas toujours adapté