Levi, l’influenceur mode international de l’année

 

Nous avons interviewé Levi, un de nos Absolus. Il a remporté le prix de l’influenceur mode de l’année au Ghana !

Découvrez qui est Levi, et comment il s’organise entre sa vie en France et son défilé de mode au Mozambique !

 

Interview de l'influenceur mode

 

Bonjour Levi, peux-tu parler de ton expérience professionnelle ? Comment es-tu devenu influenceur mode ?

Je suis originaire du Mozambique, j’ai toujours beaucoup voyagé. Mais j’ai passé la plus grande partie de ma vie au Mozambique, où j’y ai fait mes études jusqu’au lycée. Puis, j’ai eu l’opportunité d’aller au Canada pour un programme d’échange. Une fois revenu au Mozambique, j’ai fait le choix d’aller à l’Université en Afrique du Sud. Après avoir terminé ma licence, je suis revenu au Mozambique. J’ai commencé à travailler pour une organisation, VSO. J’ai donc eu la chance de travailler sur un projet basé au Mozambique et au Royaume-Uni, je voyageais donc beaucoup du Mozambique vers le Royaume-Uni.

Après cette expérience, j’ai décidé de rester au Mozambique car j’ai fondé ma famille. Je suis donc rester là-bas quelques années pour le travail.

 

Au Mozambique ou au Royaume-Uni ?

Au Mozambique. Cependant, quand j’étais au Royaume-Uni, j’ai eu la chance de suivre un cours à l’Université de Manchester.

Après être retourné au Mozambique, j’ai changé d’emploi, j’ai commencé à travailler pour IOM, l’organisation international de la migration, qui fait partie des Nations Unis désormais.

Lorsque je travaillais pour IOM, il y avait un domaine que j’affectionnais beaucoup : la mode. J’ai commencé à être invité sur des plateaux de télévision par exemple, en raison de la façon dont je m’habillais. J’ai aussi commencé à faire des shootings photos, des choses comme ça, c’était le début de ma carrière d’influenceur mode. Pendant ce temps-là, je continuais de travailler pour IOM. Ma femme travaille pour Total. Elle aussi a vécu à l’étranger, en Belgique, a été à l’université au Portugal. Puis, elle est rentrée au Mozambique, c’est à ce moment-là qu’elle a commencé à travailler avec Total. Durant cette période, j’ai lancé ma propre agence, et fait quelques affaires en lien avec la mode.

 

Quand as-tu commencé en tant qu’influenceur mode ?

Il y a 6 ou 7 ans il me semble. Je voulais juste avoir une activité pour le fun, quelque chose que j’aimais, en dehors de mon emploi quotidien.

Comment appelais-tu ton métier à ce moment-là ? Influenceur mode ?

 

 

À ce moment-là, on pouvait m’appeler « le gars qui aime s’habiller », et je pense que c’était une opportunité pour moi d’aider les gens, parce que je commençais à être connu à la télévision. Je devais des fois partir en courant de mon emploi quotidien pour aller à des interviews télé, parfois juste pour une courte interview !
Je n’étais pas encore influenceur mode.

 

C’était des interviews en rapport avec la mode ?

Oui sur la mode ! Je donnais juste des conseils comme comment s’habiller, comment combiner les couleurs, des sujets comme ça.

Il y avait une plateforme qui grandissait à cette époque là, j’ai décidé de donner l’opportunité aux jeunes de se joindre à moi, en tant que modèles par exemple. Pendant cette période, j’ai décidé de continuer dans la mode et de créer un petit défilé lorsque j’ai lancé ma première collection en collaboration avec un designer local avec quelques unes de mes idées, je ne suis pas un designer !nJ’ai travaillé avec le designer et nous avons fait le premier défilé.

 

C’était quand ?

C’était en 2016. Après ça, l’agence grandissait et juste après, ma femme a eu l’opportunité de travailler à l’étranger, au Maroc.

Quand nous nous sommes mariés, nous avions eu tout les deux une expérience de vie à l’étranger, nous nous sommes dit,
promis même, que si un de nous a une chance de vivre à l’étranger, un de nous allait devoir se sacrifier.

J’étais encore chez IOM quand elle a eu cette opportunité, mon patron m’avait promis que j’aurai un emploi en arrivant au Maroc. Mais quand je suis arrivée au Maroc, j’ai essayé de contacter IOM, cela n’a pas marché et personne ne me répondait. C’était extrêmement frustrant, mais en même temps, je pense que certaines choses n’arrivent pas par hasard. J’ai donc décidé d’investir dans mes rêves, dans mon projet, dans les affaires que j’avais entrepris au Mozambique juste pour le fun.

 

 

Pour cela, j’ai construit une nouvelle plateforme pour commencer à faire de nouvelles choses et j’ai décidé de construire un nouveau défilé de mode, dans l’idée de construire le plus grand défilé de mode du Mozambique. À cette époque-là, il n’y avait qu’un seul et unique défilé dans l’année dans tout le Mozambique.

 

Oh ! si on compare avec les autres pays ...

J’avais un autre rêve, avoir une marque de chaussures. C’est un projet auquel je réfléchissais depuis longtemps. J’ai voyagé un peu et j’étais émerveillé

« J’adore le tissu marocain. Le cuir, pur, original, les couleurs… » parce que mon truc à moi c’est les couleurs, la joie…

Quand j’étais au Maroc, j’ai lancé deux projets : le défilé de mode et VICIOUS shoes, qui a été ma première marque.

 

Donc, tu as commencé à créer des chaussures ?

Oui ! Au Maroc, avec le cuir et toutes les belles matières comme celle-ci !

 

marque de chaussures, influenceur mode

 

Pour moi, c’était comme un échappatoire, parce que je suis quelqu’un qui adore
être occupé. Je n’avais pas d’emploi formel, ma femme était la seule qui travaillait.

 

C’était un job ?

Oui, j’ai décidé de créer mon propre emploi. J’ai créé mon équipe au Mozambique. Pendant un moment, nous étions trois, maintenant nous sommes huit.
Avec mon équipe, nous avons commencé en 2017, nous avons lancé un défilé de mode de luxe, au Mozambique. J’ai dû voyager entre le Mozambique et le Maroc. Maintenant cela fait quatre ans, nous avions commencé avec un jour de défilé en 2017 ; en 2018, nous avions un jour ; en 2019, nous avions deux jours,
et cette année, nous lançons notre première semaine de défilé !

 

défilé de mode au Mozambique

Qui étaient les designers invités ? Étaient-ils seulement du Mozambique ?

Non, depuis 2017, nous avons commencé un partenariat avec l’Afrique du Sud, notamment avec des designers et des modèles. Puis, en 2018, nous avons commencé à grandir un peu car à côté de mon travail d’auto-entrepreneur dans la mode, je travaillais pour moi en tant qu’influenceur mode, c’est un peu un marketeur digital. Je fais la promotion de marque, de différents domaines comme les montres, les vêtements, les chaussures, tout ! 

Je possède un compte assez connu sur Instagram, en tant que King Dapper.

 

Quel est ton nom en tant qu’influenceur mode ?

King Dapper, King Levi Dapper, en raison de ma manière de m’habiller. J’ai d’ailleurs un nouveau partenariat avec le Nigéria, notamment avec des designers.
Cette année, nous sommes plus importants car nous avons des relations autour du monde, Brésil, les États-Unis, la France, le Ghana, l’Algérie, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Mozambique.

J’ai commencé à faire des trucs que j’aimais, prendre des photos, poster, promouvoir des marques, donner des conseils de mode et aujourd’hui, je travaille avec beaucoup de marques à travers le monde (du bijoux, aux montres, aux costumes), et je fais leur promotion.

 

Tu as donc commencé avec un événement, et cela a pris de l’ampleur rapidement ?

Oui, rapidement.

 

Comment gères-tu ta vie à l’étranger et ton projet au Mozambique ?

 

 

Ce n’était pas simple, j’ai dû trouver différentes manières de travailler. J’ai trouvé quelqu’un basé au Mozambique, qui est mon bras droit. Je fais le plus gros de mon travail en ligne quand je ne suis pas au Mozambique. Je dois beaucoup voyager, en un an, je pars environ quatre fois au Mozambique, c’est beaucoup de travail. Mais je n’en tire que du positif, je fais quelque chose que j’adore et qui a un énorme impact sur le pays. Pour moi c’est important, parce que ce travail a donné un emploi a plus de quatre vingt jeunes. Des designers, des mannequins, des maquilleurs, des photographes, c’est comme une grosse entreprise. Nous ne voulons pas seulement organiser des événements, mais aussi créer une école de mode car au Mozambique, il n’y en a pas.

Très intéressant, c’est très bénéfique de faire ça !

Comment s’appelle le défilé que tu organises ?

Fancy Fashion Week

Quand sera le prochain ?

En Août à Maputo.

 

Donc, après, vous voulez créer une école de mode, et ensuite ?

Nous voulons surtout créer des opportunités aux jeunes au Mozambique et étendre notre travail. Nous avons besoin de designers, pour des grands événements comme la Fashion Week à Paris. Mais avant cela, nous avons besoin de former ces jeunes, ils ont besoin de formations. Nous avons besoin de travailler sur la qualité de ce que nous faisons au Mozambique. C’est pour cela que ce projet est en cours. En décembre 2019, j’ai voyagé avec deux designers et trois mannequins d’Afrique du Sud pour un défilé de mode, car le but de ce projet est aussi de montrer les designers locaux de manière internationale.

 

Avez-vous pensé à faire un défilé de mode dans un autre pays ?

Oui, nous étions invité à faire un événement ici, en France. Nous devions le faire en avril mais il y a eu quelques changements. Mais nous pensons que plus tard dans l’année, nous devrions en faire un ici. C’est en fait une créatrice locale, originaire du Nigeria et basée en France. Nous avons aussi invité quelques designers d’Afrique à venir ici.

Génial, je veux venir à ton événement !

Viens je t’en prie !

 

Peux-tu nous parler de ce que c’est d’être un conjoint d’expatrié dans ta vie professionnelle ? As-tu développé des compétences importantes selon toi pour ton travail dans la mode ?

Oui, c’était très éprouvant, frustrant en même temps, mais j’ai su tirer les bénéfices du développement de ce projet et de vivre à l’étranger. J’ai utilisé toutes les ressources que j’avais pour commencer un gros projet qui m’a fait acquérir des compétences incroyables. Par exemple, la communication, dans des domaines tels que la communication à distance, la communication locale, le langage. La stratégie, la planification, l’organisation créent des compétences incroyables.

J’ai étudié le développement de communauté, c’était des études sociales, c’est pour cela que j’ai travaillé pour VSO et IOM mais ma carrière a pris un autre tournant, et celui-ci m’a fait développer des compétences incroyables.

Je pense aussi que tu es adaptable à toutes les cultures, à différentes cultures.

 

Oui, je peux m’adapter à différentes cultures. Je peux vivre, pas seulement survivre mais vivre, apprendre, m’adapter et grandir de cette expérience. Revenir d’où je viens avec ses compétences, pour moi c’est très important de ne pas utiliser seulement ces expériences à mon avantage pour évoluer mais aussi d’aider d’autres personnes à grandir et évoluer. Même quand je parle à mon équipe en rentrant, quand je partage mes idées, ils apprennent aussi et sentent que je me suis construit grâce à ces différentes compétences que j’ai acquises. Après une expérience, je change ma manière de former mes employés, je gère mieux la pression mise sur eux. Parce que, lorsque l’on dirige, on a une vision différente de l’accomplissement, c’est aider les autres, pas seulement moi.

Evidemment !

 

Quelle est ta citation préférée ?

Cela dépend, il y a une citation que j’aime beaucoup, très philosophique.

« Shame on me for changing, shame on you for staying the same ».

C’est une citation tirée d’une chanson d’une chanteuse américaine, Jhene Aiko. Sa musique est très calme, réfléchie, il y a beaucoup de poésie dans sa musique. J’adore vraiment cette musique. C’est juste le reflet de l’acceptation du changement mais aussi respecter les autres qui souhaitent rester les mêmes.

Tout le monde fait son choix.

Parce que, des fois, on juge les gens. On pense avoir changé et on ne respecte pas le fait que certaines personnes sont épanouies dans leur zone de confort.

Oui, exactement, tout le monde est différent.

 

As-tu un mot à dire pour la fin ?

J’ai eu beaucoup d’expériences à l’étranger, en terme de développement du langage. Au moment où j’ai rejoint Absolutely French, j’ai trouvé que le côté humain est très présent, l’attachement humain, le développement humain, la compréhension des personnes. Il y a beaucoup de manières de former les gens, mais les imprégner et leur faire comprendre une culture et changer leurs perspectives, je pense que, en peu de temps, vous arrivez à faire tellement pour les personnes que vous accueillez, que vous n’imaginez même pas, ce que vous faites c’est très spécial.

 

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