L’expatriation : encore une affaire d’hommes

 

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Dans mon précédent article (Les conjoints d’expatriés : ces talents perdus), j’ai fait mention d’un chiffre lourd de sens :

92% des conjoints accompagnateurs, sont des femmes. Autrement dit, dans seulement 8% des cas d’expatriation, c’est l’homme qui suit son épouse à l’étranger.

Quand il faut choisir entre la carrière de l’un ou de l’autre, c’est donc souvent celle de l’homme qui prévaut.

Entre codes sociaux et stéréotypes, nous allons aborder un sujet qui donne à réfléchir : la parité homme/femme en expatriation.

Inégalités homme/femme : quelques données clés

 

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•    Dans la plupart des cas, lors d’une expatriation où les hommes sont accompagnateurs, ces derniers trouvent de meilleurs postes lorsqu’ils suivent leur conjointe, que les femmes accompagnatrices

•    Dans 83% des cas, les hommes trouvent un poste à temps plein, contre 52% pour les femmes

•    Dans 64% des cas, le poste trouvé par les hommes est dans la continuité de leur poste précédent, contre 54% pour les femmes

•    Pour trouver un travail, 11% des hommes bénéficient d’une aide de la part de l’entreprise qui expatrie, contre 4,5% de femmes.

 

 

Quelles sont les causes de ces inégalités ?

 

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Si les femmes représentent la moitié de la population active, en matière d’expatriation des disparités subsistent. Ces dernières sont causées par des tabous encore ancrés dans l’esprit des femmes, de leur conjoint mais aussi dans celui des recruteurs.

Ces idées préétablies ont pour seule conséquence, l’inégalité des chances face à la mutation.

La prédominance de la carrière de l’homme

On l’a vu, les femmes sont plus nombreuses à se sacrifier et à sacrifier leur carrière, au profit de leur conjoint et vie de famille. Mais cela, est très souvent imposé par les codes de la société :

•    La carrière de l’homme est perçue comme plus importante, notamment car leur salaire est plus élevé

•    Les codes et les habitudes veulent que ce soit l’homme qui travaille et fasse vivre le foyer : c’est entré dans les mœurs

•    Il est socialement plus difficile pour un homme d’être « homme au foyer » et inactif, mais beaucoup plus logique et acceptable que ce soit le rôle de la femme

•    Il est donc difficile pour un homme d’accepter de bousculer la norme sociale traditionnelle de la famille

 

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Les femmes se mettent elles-mêmes des barrières

Dans la tranche 40/45 ans, c’est là où l’on constate le moins d’homme accompagnateur en expatriation. C’est le moment où la carrière de l’homme est à son apogée. Mais pas seulement, c’est aussi le cas pour les femmes. Cependant, celles-ci s’autocensurent :

•    Elles s’abstiennent de postuler et ont tendance à se dire que ce n’est pas leur rôle de partir en expatriation d’une part et d’autre part à accepter que leur mari mette de côté leur propre carrière

•    Elles pensent aussi qu’elles n’auront aucune chance d’être sélectionnée, face à leurs collègues masculins 

•    Elles ressentent une pression et craignent de ne pas pouvoir concilier carrière, vie de famille et expatriation

•    Elles souffrent du poids des traditions et de l’impact de la maternité, dans de nombreux pays

•    Elles ont une réticence à être à l’origine du changement pour leur famille, lié à la mobilité

•    Elles craignent de devoir être le seul support financier du foyer.

Une inégalité ancrée dans les politiques de mobilité internationale des entreprises.

 

 

Dans 80% des expatriations, ce sont les hommes qui sont désignés pour les missions à l’étranger :

•    Pour un même poste, les entreprises auront tendance à favoriser un homme plutôt qu’une femme.

•    Les entreprises privilégient les hommes, car les femmes sont « perçues » comme étant moins pro-active quant à l’expatriation.

•    Par rapport aux mœurs, les équipes mobilité pensent que les hommes verront moins de contraintes à chambouler le quotidien et la vie de famille pour partir en expatriation.

•    Les recruteurs estiment que les femmes ne voudront pas partir car plus raisonnables et moins ambitieuses que les hommes.

•    Les recruteurs considèrent aussi une expatriation au féminin plus risquée, car les femmes « auraient » plus de mal à d’adapter à leur nouvel environnement, à se faire accepter par les collaborateurs du pays d’accueil.

•    Tenant compte des coutumes et traditions du pays d’accueil, les DRH montreront plus de réticence à envoyer une femme dans des pays musulmans d’Afrique ou du Moyen-Orient.

 

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Dynamisée par quelques entreprises qui montrent l’exemple, l’expatriation au féminin certes évolue. Mais il appartient encore aux entreprises, de mettre en place un cadre favorable en matière d’expatriation permettant aux femmes de concilier vie de famille et carrière internationale.

Les femmes étant plus soucieuses de la carrière de leur conjoint, les entreprises doivent prendre en compte la problématique de la double carrière et accompagner les conjoints dans le processus d’adaptation et de recherche d’emploi.

Il appartient également aux femmes elles-mêmes de prendre conscience de leur valeur et à tous de faire tomber les clichés et présupposés.

 

 

Armelle Perben

Dirigeante Absolutely French

www.absolutely-french.eu

armelle@absolutely-french.eu

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Sources :

**par Expat Communication et la Caisse des Français à l’Étranger (CFE)

https://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/lexpatriation-au-feminin-14534/

https://www.femmexpat.com/expatriation/vie-familiale-sociale/le-couple-et-lexpatriation/expatriation-cliches-de-genre/

https://www.expatcommunication.com/impact-de-lexpatriation-couple-double-carriere/

https://lepetitjournal.com/expat-pratique/famille/expat-quand-le-conjoint-suiveur-est-un-homme-22210

http://madame.lefigaro.fr/societe/carriere-mari-expatriation-couple-travail-020316-113105

 

 

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